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Résumé

En 1984, alors que se déroule le championnat d’Europe des Nations, Décembre vole un sac dans le métro. Dans le sac, il trouve la photo d’Avril jolie. Il la rappelle, ils se rencontrent dans un café. Il va lui raconter l’histoire de Jean-Eugène Robert-Houdin, horloger, inventeur, magicien du XIXe siècle. Cette histoire les mènera tous deux sous le coffre de la BNP du boulevard des Italiens, dans le théâtre disparu de Robert-Houdin, devant la roulotte d’un escamoteur, derrière les circuits du Turc mécanique, aux prémices du kinétographe, et à travers le cercle des illusionnistes.

Jean-Eugène Robert-Houdin (1805-1871) était horloger, mécanicien, créateur d’automates, inventeur, magicien. Il fut le premier à donner à la magie un visage plus élégant, en costume sombre et gants blancs,et à l’amener dans un théâtre, plus « respectable » qu’une roulotte.

Sa salle était pleine, tous les soirs, et il se produisit devant toutes les grandes cours d’Europe. Il était tellement connu qu’en 1856, Napoléon III l’envoya en Algérie afin de montrer aux populations locales rebelles que la magie française était la plus puissante au monde.

Déjà, en 1856, avant l’existence d’armes de destructions massives, le pouvoir colonial utilisait l’esbroufe pour appuyer ses conquêtes. La vie de Robert-Houdin est racontée dans son autobiographie, Une vie d’artiste. Au détour d’une page, on apprend qu’il possédait un théâtre d’illusions, au 8, boulevard des Italiens, et que ce théâtre, 10 ans après sa mort, a été repris par un jeune industriel, héritier d’un fabricant de chaussures de luxe : le jeune Georges Méliès.

La vie de Méliès, encore plus abracadabrantesque, est racontée en détail dans le livre éponyme et passionnant qu’a écrit sa petite fille. On y apprend l’importance de la magie dans sa vie, ses multiples talents, échecs, inventions et succès, mais surtout, on y découvre que ses films ont d’abord été projetés dans ce « théâtre Robert-Houdin », avant de parcourir le monde.

Ainsi, ce théâtre disparu était le lien entre le père de la magie moderne et l’inventeur du cinéma de fiction, du gros plan, du studio, des actualités filmées, et j’en passe. Ainsi, ce petit lieu, 200 places à peine, emporta avec lui des centaines, des milliers de personnes dans un immense rêve éveillé. Et tout cela s’est passé dans la plus belle ville du monde, celle qui, au XIXe siècle, en était le centre: Paris. Il fallait absolument raconter, ré-inventer, magnifier cette histoire méconnue, romantique, magique, cinématographique et parisienne. C’est une histoire d’illusions, de théâtre, de peinture, de photographie, d’escamoteurs, de magiciens, d’amour et de kinétographe. Une histoire d’artistes, d’illusionnistes, qui se succèdent ou se croisent dans ce cénacle de rêveurs, ce cercle, en somme. Bon spectacle.

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